Morgane Leray

Une vie est comme une bibliothèque : il y en a chargées de livres, d’autres épurées ; certaines alternent ouvrages précieux et bouquins bon marché ; poésie et romans de gare ; il y a des petites bibliothèques ne comportant que peu de rayonnages, tandis que d’autres en comptent de multiples ; il y a des livres pour lesquels on a une tendresse particulière, d’autres qu’on n’a presque pas ouverts, d’autres encore qui nous ont construits.

Dans la bibliothèque de ma vie, il y a plusieurs rayonnages qui, à mes yeux, comptent autant… même s’il n’est pas toujours évident de trouver le temps de remplir les étagères équitablement.

J’essaie dorénavant d’équilibrer les rayonnages de ma vie.

Il y a une étagère « recherche ». D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours nourri un grand appétit de savoir, de comprendre. J’ai commencé, enfant, par l’anthropologie (Yves Coppens était une rockstar à mes yeux… oui, je sais…) ; puis, vers 10 ans, je me suis passionnée pour les religions et mythologies comparées, les langues anciennes et/ou disparues, l’archéologie hellénique et égyptienne, au point de contacter, à 16 ans, mes héros de ces sciences pour connaître leur parcours et suivre leurs pas. J’avais constitué depuis des années des classeurs qui regroupaient des articles découpés ; j’avais réalisé des tableaux comparant la figure du géant dans diverses croyances, le récit du déluge selon les peuples.

Comme il fallait commencer par deux années universitaires générales avant de s’inscrire dans un cursus spécifique, j’ai commencé un DEUG (ancêtre de la L1/L2) de Lettres. La littérature ayant toujours été le trait d’union entre toutes mes passions, le choix s’imposa naturellement.

Le premier cours auquel j’assistai fut un cours magistral de littérature du XXe siècle. Je me rappelle encore les émotions qui me traversèrent alors.

Quand je sortis de ce cours, je compris.

Je rentrai dans mon studio d’étudiante, téléphonai à ma mère et déclarai : « je veux être docteur en littérature! » : ce que je n’avais pas mesuré – et que cet excellent enseignant me révéla à travers son cours, c’est que c’était la littérature, en réalité, ma passion.

La littérature ouvre tous les champs des possibles ; la littérature permet d’aborder tous les grands domaines du savoir.

La littérature est un art. Elle est tous les arts : la musique des mots, la peinture et le cinéma des scènes qu’elle suscite dans notre imaginaire.

La littérature est un monde. Infini.

Pourquoi choisir une discipline qui aborde un domaine spécifique du savoir quand la littérature permet de goûter à tout! Pourquoi choisir entre l’art et le savoir quand la littérature est tout?

Avant 30 ans, je devins donc « docteur en langue et littérature françaises ».

Pendant une quinzaine d’années, je me suis spécialisée dans la littérature du XIXe siècle, plus précisément dans l’imaginaire de la décadence, de l’apocalypse (avec une prédilection pour les représentations de la fin de l’empire romain) ; j’ai ensuite élargi ma réflexion à la résurgence de cet imaginaire à notre époque contemporaine, dans la littérature et le cinéma.

Ce furent de merveilleuses années où j’abordai des domaines extrêmement variés pour mes travaux de recherche (histoire sociale, histoire des religions, histoire de l’art, lois de la thermodynamique, traités de médecine du XIXe siècle, etc. ); des années où je voyageai en Europe, en Amérique du Nord pour des colloques ; où je rencontrai des chercheurs de cultures et d’horizons divers. Des années enthousiasmantes!

Parallèlement, je remplissais une autre étagère de la bibliothèque de ma vie : je devins « prof ».

J’enseignai huit ans dans les collèges et lycées de Marseille, dans les quartiers Nord comme dans les meilleurs établissements (j’étais « TZR » : titulaire d’un concours, postée en zone de remplacement). Conjointement, j’étais chargée de cours à l’université.

Bien entendu, je continuais mes activités de recherche.

Autant dire que mes journées étaient particulièrement chargées…

Depuis 2015, j’enseigne à l’ESPE d’Aix-Marseille Université : je prépare les étudiants de master 1 au concours de professeur des écoles et j’encadre les mémoires de master 2 des étudiants lauréats du CAPES et de l’agrégation de Lettres.

Longtemps, je me suis sentie plus chercheuse qu’enseignante ; puis, j’ai pris la mesure du rôle de l’enseignant : j’ai compris l’importance de la pédagogie.

Aujourd’hui, je me sens pédagogue, pleinement. Et je suis d’autant plus à l’aise avec cette mission que toutes mes années en tant que chercheuse en littérature me permettent de jongler avec les concepts, avec les savoirs, le tout étayé par une riche et variée expérience du terrain.

Je suis heureuse de transmettre ces savoirs et savoir-faire à mes étudiants.

Je sais aussi les difficultés qui seront les leurs dans la transmission de notre langue et de notre littérature.

Pour en savoir davantage sur mes travaux de recherche, c’est ici et .

Il y a également une étagère « créative » dans ma bibliothèque.

Cette étagère a toujours été , mais je n’ai jamais eu vraiment le temps de l’enrichir.

Aujourd’hui, je souhaite lui donner plus de place.

Tel est l’esprit de cette collection « L’Artsite en sa chrysalide » : relier les étagères de la bibliothèque de ma vie, la recherche universitaire, l’enseignement et la créativité.

Ma démarche est de rendre accessible ce savoir et de permettre aux lecteurs d’entrer dans l’œuvre littéraire par la voix de l’Homme.

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Pour en savoir davantage sur ma formation universitaire et/ou me suivre sur les réseaux sociaux…

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